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2005-12-07 13:55:08 : 24h de Villepreux, trahi par la mécanique

Vendredi, nous y sommes. J’arrive bien en avance sur place, car je veux arriver avant la tombée de la nuit, beaucoup plus facile pour trouver mon chemin dans une ville que je ne connais pas (ceux qui connaissent ma formidable aptitude à trouver ma route en terre inconnue comprendont). Ca me laisse le temps de visiter les préparatifs des autres manifestations prévues sur place pour le Téléthon (concours d’échec, les divers stands, …). Je découvre que le tour de circuit est plus long que ce qui avait été annoncé, 1600 m contre 1300 m. Bon, tous mes calculs d’apothicaire que j’ai effectués à la hâte dans la matinée tombent à l’eau.

Le départ est retardé de quelques minutes, donc j’ai le temps pour me changer. Oui, mais à trop attendre … je suis carrément à la bourre et je dois me hâter vers le gymnase pour mettre mes lentilles. Dans ma précipitation, je ne retrouve plus les chouchous avec lesquels je devais compter mes tours. Trop tard pour les chercher. Première contrariété. Nous prenons la direction de la salle principale pour le départ. Et deuxième contrariété dans la foulée puisque je réalise que je n’ai pas enfilé ma ceinture du cardio (“grrr, c’était bien la peine d’arriver si tôt !”). Bon, faudra faire avec, ou plutôt sans ...

Nous effectuons le premier tour tous groupés. Après tout pourquoi pas, le seul petit truc c’est qu’on ne sait pas si le chrono est parti ou pas. Apparemment oui. “Mais ce premier tour compte ou pas ? ” Oui, il comptera aussi.
On entame le second tour, et le peloton assez compact n’aide pas à trouver un rythme de croisière, notamment sur les passages étroits où l’on doit rester en file indienne.
Ouais, cette procession ne me plaît guère, donc à l’issue de ce second tour, arrêt au pipiroom.
Quand je repars, je m’étonne qu’il y ait encore quelques concurrents derrière moi, mais le principal est là : la route est dégagée, je peux aller à mon rythme. Qui a dit que j’étais un ours solitaire ?

Premières heures : comme dit plus haut, il faut trouver le bon rythme de croisière, bien gérer mon petit confort vestimentaire et l’alimentation. Oui, ben justement de ce côté … il n’y a rien sur les tables pour le moment. Ce n’est qu’après 50’ qu’il y aura de l’eau à notre disposition. A la décharge de l’organisateur, pas facile s’occuper des ravitaillements, préparer les barrières plus tôt dans l’après-midi sans compter les préparatifs d’avant course… et trouver encore les ressources pour courir ce 24 heures !
Et en fait, ils avaient même raison de sortir le solide au fur et à mesure, en témoigne la connerie des branleurs venus sur le coup d’1h30 du matin piquer les barres de céréales et bouteilles de coca ! Sans commentaire, trop affligeant !

La soirée s’avance et je comble avec des figues mon estomac qui réclame. Puis je vais chercher ma boisson énergétique, parce que l’eau, le coca c’est bien, mais ça ne suffit pas pour bien recharger les batteries.
Je couvre un peu plus de 6 tours par heure, soit 9.6 km, ce qui est même un peu rapide par rapport aux 54 km que je me suis fixé au terme des 6 premières heures.

Classement au terme de la première heure : 19ème, puis à l’issue de la seconde : 12ème, ça progresse.

3ème heure de course : je conserve toujours mon bon rythme mais les mollets deviennent un peu douloureux. “Oh ben non, pas déjà, il est un peu tôt pour avoir un premier coup de barre. Et plus gênant, j’ai des douleurs tendineuses au niveau du pied droit. “Aahh, pas sympa, ça !” Bon, je dois déjà faire le gros dos, me remobiliser, ce qui est bien plus tôt que prévu.
“Dans quel état vais-je bien pouvoir terminer la course dans ces conditions ! Car il reste la bagatelle de … 21 heures de course !!!! Mais arrête de penser ainsi, sinon tu n’iras jamais au bout. Tu dois penser po-si-tif. Te fixer des objectifs à court terme. Le passage au marathon par commencer. Aller, ressaisis-toi.”

Et le miracle du corps humain se produit : je retrouve des forces et me sens à nouveau bien. Chouette ! En plus, le classement en cette de troisième heure me fait bien plaisir : 4ème. Quelle remontée !

Du coup je me prends au jeu du classement, j’ai dorénavant envie de bien faire. Et je m’applique à bien courir mes 6 tours dans l’heure. Cependant, au bout de la quatrième heure, je reste 4ème au classement.
“Laisse tomber le classement P’tit Gars, ça ne sert à rien. Tu es là pour courir la plus longue distance possible, donner le meilleur de toi. La route est encore bien longue, nous ne sommes qu’au début du périple, alors ne puise pas inutilement dans tes réserves. Et si tu dois faire un bon classement, ça viendra tout seul. Si encore on était dans les dernières heures de la course, pourquoi pas, mais là, non, stop, arrête les folies ! ”

Alors je me reconcentre sur ma course, lâche du lest, car j’ai pris de l’avance sur mon tableau de marche, je peux baisser un peu le rythme. Le tout est de trouver un rythme qui stabilise les douleurs musculaires sans les accentuer, pour qu’elles restent à un niveau acceptable. Car évidement, je les imagine mal régresser…. Et puis on a changé de dizaine maintenant, il reste moins de 20 heures de course …
Il est un peu moins de minuit et autre bonne nouvelle, si mes estimations sont exactes, j’ai dû franchir le cap du marathon, une bonne chose de faite. Me voilà dorénavant dans ce qu’on appelle l’ultra.

Je trouve que nous sommes de moins en moins à tourner et surtout à courir sur le circuit, le temps commencerait-t-il déjà à réaliser son travail de sape ? Autour du circuit, la vie se met également en sommeil. Les lumières des appartements s’éteignent, les écrans de télévision que j’apercevais ici et là, aussi. La circulation automobile se raréfie, et de ça on ne va pas se plaindre.

Il est un peu plus de 0h30 quand le classement au bout 5 heures de course tombe. Non, ce n’est pas possible ! Je dois le consulter une seconde fois … mais non, je ne rêve pas, c’est bien vrai, pour la première fois de ma vie … JE SUIS EN TETE d’une course ! Waaaaouuuh !
“Oui, ben t’emballe pas quand même mon biquet, la route est encore longue, très longue.”

Certes, mais l’idée est plaisante : leader de la tribu des hamsters qui tournent depuis déjà quelques heures sur ce circuit. En plus je suis plutôt en bon état de forme pour le moment. C’est bien, il faut continuer ainsi.

Quelque part, nous avons de la chance. La semaine dernière il tombait de la neige et faisait un froid de canard. Aujourd’hui la température est beaucoup plus clémente et surtout les pluies annoncées restent au placard. Temps mieux pourvu que cela dure. Il y a juste un peu de vent, mais franchement, il ne m’a pas vraiment gêné tout au long de mon périple. Il a simplement mis à contribution mes quadriceps lorsque quelques rafales m’ont poussé dans le dos et m’ont fait bien involontairement forcer l’allure.

Fin de la sixième heure, nous sommes au quart des réjouissances et je suis toujours 1er (que c’est grisant !!!) ce dont je me doutais puisque voilà bien longtemps que personne ne m’a doublé. 54,4 km au compteur, et sûrement un peu plus, car je devais être à l’autre bout du circuit quand le classement a été arrêté.

Je reste calé sur mon rythme de croisière, prends toujours soin de bien m’alimenter et m’hydrater. Je suis bien, serein. Oui, enfin, il faut relativiser, car les quilles affichent un certain kilométrage, mais ça baigne, elles peuvent en cumuler bien davantage. Classement de la 7ème heure : encore et toujours en tête de la meute (“Yes yes yessssss ! ”).

Je dois dire que psychologiquement, ça apporte un certain réconfort de voir son nom en haut de l’affiche à chaque tour. Et d’un côté, je me dis que j’ai un standing à assumer maintenant ;-), je me dois de bien faire. Alors continuons à bon rythme.

Oui mais voilà, à l’issue de la 8ème heure, j’ai perdu mon leadership. Bizarre, car personne ne m’a doublé depuis belle lurette. En plus cela signifie que quelqu’un a couru plus de 16 km dans la dernière heure. Hummm ! Nous sommes sur un 24 heures, pas sur un 10 bornes. Sûrement s’agit-il de quelqu’un qui, s’estimant lésé, s’est fait rajouter des tours. Oui mais pourtant le système de comptage des tours par dossard électronique semble fiable, et pourquoi ne pas avoir signalé l’anomalie plus tôt ?
Alors, La P’luche est bougon après cette 8ème heure. “Parce que si je cours, je le fais certes pour moi, mais aussi pour la beauté du sport, et même si c’est pour le Téléthon, je ne voudrais pas que la course tourne au n’importe quoi. Alors on verra le classement à l’issue de la prochaine heure, pour le moment je continue mon bonhomme de chemin. Mais si d’autres personnes se sont aussi fait rajouter des tours, alors je redonnerai mon dossard et rentrerai chez moi, na ! Non mais ! ”
Le mérite de ce passage, est qu’à gamberger et à broyer du boudin, le temps et les tours défilent sans que je m’en rendre compte.

Classement des 9 heures, je reste deuxième mais le leader a acquis une avance délirante : soit c’est quelqu’un qui triche et a trouvé des raccourcis, soit il y a une erreur manifeste, parce que j’imagine mal quelqu’un courir maintenant à plus 20 km/h après 9 heures de course. Même un Keynian ne serait pas capable d’une telle prouesse. Je suis donc rassuré sur l’évolution de la course, il y a bien un bug. Je suis donc toujours bel et bien en tête, et mieux, nous ne sommes plus que 2 dans le même tour.

Je suis même relativement content, car je carbure toujours pas mal, toujours à plus de 9 km/h, arrêts ravitaillements compris. Les sensations sont plutôt pas mal après une telle durée de course, mais il faut faire attention, car c’est fragile.
J’en fais l’expérience après 9 heures, quand mon pied bute dans un trottoir. Et pourtant, elles ne sont pas hautes les remontées de trottoirs ! Il n’en faut pas plus pour que mes warnings internes passent aux rouges. Les quadriceps d’abord, qui d’un seul coup affichent de grosses douleurs musculaires, le mollet ensuite dans lequel pointent quelques symptômes de crampes, et le pied droit surtout, où les douleurs tendineuses ressenties dans les premières heures ressurgissent.

Je refais bloc, et fais front. Je parviens à me refaire une santé, mais les problèmes tendineux ne me quitteront plus, malheureusement. Ce coup de moins bien ne durera pas trop longtemps, et je me pose ensuite la question des pauses.

Régulièrement, je dois m’arrêter dans la salle-vestiaire, pour recharger mon bidon en boisson énergétique. Mais quand remplir le bidon ? Oui, bien sûr quand il est vide, mais avec l’eau, le coca, et les divers ingrédients sur la table, je peux patienter quelques tours avant de faire le plein. Non, ce que veux dire, c’est quand planifier l’arrêt ? Pendant un temps fort, ou pendant un temps faible ? Pendant un temps faible, et j’en profiterai pour bien récupérer. Mais j’ai peur de la reprise. Ou pendant un temps fort où je profiterai d’être psychologiquement bien pour relancer une machine qui aura bien des difficultés à se relancer ?

J’opterai finalement pour la seconde solution juste après les 10 heures d’effort. A ce moment, ça ne va pas trop mal, j’ai bien sûr les quadriceps qui tiraillent mais bon, rien de grave non plus.
10 heures de course, il est 5h30, Paris s’est éveillé, et le service des bus a repris. J’occupe toujours le haut du pavé, et ai même un tour d’avance (soit 1.6 km) sur le reste de la troupe.
C’est le tournant de ma course.

Je m’arrête remplir le bidon. L’arrêt est assez bref (4-5 minutes tout au plus), mais la reprise est très très laborieuse : les premiers mètres en marchant, évidemment, pour réchauffer la musculature, puis je relance la foulée pour reprendre la course. “Aaaaahhhh, aïe aïe aïe, bobo les jambes ! ” Les quadriceps râlent … mais ce n’est rien comparé aux tendons des pieds. Car ce ne sont plus simplement ceux du pied droit qui me font souffrir, mais également ceux du pied gauche maintenant. “Ouille, pourvu que ça soit comme tout à l’heure, que les douleurs disparaissent ! ”

Les premières encablures sont très rasantes, les premières centaines de mètre sont faites en serrant les dents, parfois même en fermant les yeux, car les guiboles et les pieds sont bien douloureux. Puis petit à petit, ça revient, je ré-accélère tout doucement et je retrouve mon rythme de croisière. Le corps humain est capable de prouesses qui m’étonneront toujours, à l’agonie à un instant donné, puis à nouveau en ordre de marche un peu plus tard, fabuleux.

Sauf que les douleurs tendineuses ne s’estompent pas elles, au contraire. Dans les parties où la route est légèrement en dévers, je grimace et souffre véritablement. Au virage en épingle à droite dans les barrières, je tourne … en restant sur la pointe du pied droit, car je ne peux plus poser complètement le pied droit dans ce virage … Par contre dans les lignes droites, pas de soucis. Mais le calvaire a commencé. En fait, j’ai l’impression que le pied droit n’arrive plus à se dérouler, je dois le poser à plat pour que la douleur ne soit pas trop vive. Le pied gauche est moins touché, mais par moment me rappelle que lui non plus n’est pas en grande forme …

On atteint les 10h30 de course, et normalement, j’ai dû franchir les 96 km. Qu’est-ce que cette distance a de si particulière me direz-vous ? Rien, si ce n’est que j’ai couru un marathon depuis le cap des 6 heures.
En fait, j’aimerais bien courir au moins un marathon par tranche de 6 heures (et entre deux périodes de 6 heures, … je meuble …). Si j’arrive à réaliser cet objectif, la performance finale sera très appréciable.

J’ai encore des forces à revendre, j’espère atteindre les 105 à la mi-course. Après, même si je ralentis l’allure, je dois pouvoir atteindre les 180 et plus si affinités, j’y crois. D’autant que je compte sur l’arrivée du jour et ... du public (parce que pour le moment, ben on a plutôt couru dans l’indifférence générale …, mais bon d’accord, il faisait nuit) pour me motiver dans les moments difficiles à venir. Et dans l’après-midi j’attends une visite qui me reboostera immanquablement. En plus, mentalement je suis encore frais, j’ai encore beaucoup de ressources de ce côté.

Oui, mais voilà. Nous venons de dépasser les 10h45 de course. Comme depuis le début de la course, je monte la petite butte après la traversée de la route qui suit la portion de parcours dans les barrières en marchant (attitude que j’ai adoptée dès le second tour pour préserver mes quadriceps).
Et en voulant reprendre la course 3-4 enjambées plus loin, la douleur tendineuse du pied droit devient si aiguë qu’elle se communique au genou qui refuse alors de porter le poids du corps. Je manque de trébucher, garde tout de même l’équilibre, et d’emblée, comprends que pour moi, c’est la fin de l’aventure. J’ai même du mal à marcher. Je termine le tour en marchant au ralenti, en étant régulièrement obligé de me tenir aux barrières parce que la douleur au pied est trop vive pour continuer à avancer.
Les concurrents sont surpris de mon subit changement de rythme, merci à eux d’avoir pris des nouvelles, et bon courage à eux pour la suite.

Je compte changer de chaussures à la fin du tour, mais ne crois guère à une improbable résurrection. Si les problèmes étaient d’origine musculaire, oui, il y aurait encore de l’espoir, alors que là …
On atteint les 11 heures de course quand je termine ce tour-ci, je garde la tête et ai même plus de 2 tours d’avance sur mon second. Oui, mais je ne peux plus me battre, je dois rendre les armes.
“Et puis non, pas tout de suite après tout. Va chercher les chaussures de rechange à la voiture, laisse les tendons se reposer, et on avisera ensuite. Peut être qu’il y a moyen d’augmenter le score, même en marchant. ”

Après une heure d’arrêt je retente ma chance avec les nouvelles chaussures … tentative rapidement avortée, car depuis mon siège où j’étais assis dans le vestiaire à sa sortie … la douleur redevient virulante. “Faut te rendre à l’évidence, c’est sans espoir ! ”
Sauf que ce n’est pas facile de rendre son dossard. Temps qu’on l’a sur soi, on espère toujours même si dans mon cas, c’est vain. “Attends le petit matin au moins. ”

7h30, c’est la mi-course, la nuit est moins noire. Je consulte le classement : malgré mon heure sabbatique je reste sur le podium, et surtout je constate que lorsque je me suis arrêté clopant-clopant un peu avant les 11 heures de course, j’étais crédité de 99,2 km. Bon, ce serait tout de même dommage de ne franchir la barre symbolique des 100 bornes. Alors je pars en marchant très doucement, parce que j’ai mal en marchant, pour un dernier tour de circuit, ce qui ne manque pas d’étonner les concurrents présents sur le circuit.

“Mais imagine qu’en remesurant le circuit, il y ait un peu moins en distance que les 1600 mètres annoncés, hein ? Alors refais un tour pour assurer le coup. ”
Et me voilà reparti pour un 64ème et dernier tour, pour porter mon total à 102,4 km. Je préfère m’en tenir là, ne pas tenter le diable et rendre mon dossard. Car je serai capable de faire une bêtise, continuer, même en marchant, et vu la douleur, je pourrai bien y laisser le tendon d’Achille, “donc stop, arrête les frais maintenant. ”

Depuis mon arrêt du petit matin, je suis gelé, je n’arrive pas à me réchauffer, même avec une multitude de couche de vêtements sur moi. Alors je me résigne à quitter les lieux, je ne reste pas à encourager les autres protagonistes (désolé), et rentre chez moi, prendre une bonne douche … et me faire dorloter dans l’après-midi par mon infirmière …

Que retenir de ce 24 heures avorté ?

* Déjà un très mauvais choix de chaussures qui sont, à mon avis, la principale cause des mes problèmes tendineux. Car j’ai vraiment pris soin à bien m’hydrater, pour preuve, mes urines ont toujours été claires d’ailleurs.
A moins que je ne sois pas fait pour ce genre d’effort, car déjà à Millau l’an dernier, j’avais eu la même blessure à l’issue de la course, exactement au même endroit. Cette idée ne plaît guère cependant.

* Quid de la distance finale ?
Difficile d’établir des projections hasardeuses, mais pendant la course, je tablais bien sur les 180 km. Etait-ce réalisable ? Mystère. Je me contenterais de 102,4 km en un peu plus de 11h.
Je pense avoir pas trop mal géré mon affaire, car j’avais encore des ressources pour la suite de l’épreuve, ce qui ajoute à ma frustration. En plus, à aucun moment je n’ai ressenti la moindre envie de piquer un somme, de ce point de vue, j’étais prêt pour le double tour d’horloge.

* En referai-je un ?
Pour le moment je ne sais pas, car même quand tout allait bien, je n’ai pas éprouvé de plaisir particulier pendant la course. J’ai même trouvé ça un peu bourrin, car après 3 heures de course, il y a plus de marcheur que de coureur. Et vers 5h – 5h30 du matin, on était tout au plus 5 à courir sur les 44 partants.
Mais c’est vrai, je n’ai connu que la nuit, et la nuit, plus encore que le jour, le paysage ne change guère. Alors faudra voir. D’un autre côté … je ne peux pas non plus rester sur un échec ...
Ce qui est sûr, c’est que moi qui rêvais du Spartathlon, je ne suis pas prêt pour ce genre de périple. Je dois m’aguerrir sur plus court avant.

* Pour la première fois de ma vie, j’ai été le leader d’une course, pendant plus de 6 heures de rang. Y a pas à dire, ça flatte l’ego tout de même. Et j’ai aussi enregistré mon premier abandon. Ca, c’est moins glorieux.

* Enfin, encore une fois, j’ai franchi la ligne jaune. Je n’ai pas su m’arrêter à temps et il a fallu que l’organisme se rebelle violemment pour que je stoppe la course. Il faut que j’apprenne à m’arrêter avant que la blessure ne devienne trop grave pour préserver un minimum mon intégrité physique. Car aujourd’hui (soit 2 jours après la course), je me retrouve avec 2 tendinites, une à chaque pied, ce qui, disons le pudiquement, contrarie fortement mes déplacements. Je suis en train de battre des records de lenteur.
Etre motivé, prêt à se dépasser c’est bien, mais il y a tout de même des limites à ne pas oublier …

Les réactions

Par raztab, le 2005-12-07 14:13:34
Salut LaPluche ,

Ben jolie coup quand même pour une reprise ;-) !
Ca à pas l'air facile les 24h.
Dur physiquement, et mentalement.
Bravo pour ta course et repose toi bien

Par cyril, le 2005-12-07 15:30:36
Salut,

J'ai lu ton compte-rendu avec beaucoup d'attention, j'avais l'impression d'y être!Bravo, et tu as eu raison d'opter opur la sagesse et de t'arrêter avant qu'il ne soit trop tard.

Bonne récup!

Par Leonard, le 2005-12-07 19:34:55
Bon début de course La Pluche, ça passera la prochaine fois.

Tu devrais consulter pour ton problème car ce n'est pas normal, c'est peut-être morphologique? ...des chaussures non adaptées?

Par Ric69, le 2005-12-07 22:06:53
Salut La Pluche,
Pour du pas ordinaire c'est du pas ordinaire. Après la lecture , j'ai comme une impression de truc futuriste car sur 1600 m c'est quasi du niveau d'une arêne. Ambiance à part course à part et coureurs à part.
T'as atteint une limite que peu de coureurs cotoient mais c'était le but j'imagine. Dommage que ça finisse un peu trop en vrac car la douleur à ce niveau ça gâche un peu l'expérience.
Ton récit il est à la hauteur de la course, on a progressivement aussi mal que toi aux tendons en s'enfoçant dans la lecture. Bref c'est quelque chose qui laisse un peu rêveur.
Je me disais aura-t-il son dégroupage pour nous restituer le machin ?
Ben ouais, je te souhaite une récup digne de ta course car on se déglingue toujours beaucoup plus vite qu'on ne se remet.
On retiendra toutes ces heures en tête. El le kenyan fantôme, il était en mob ?
Bon rétab.
Ric69

Par Xave, le 2006-10-12 22:16:25
Salut l'ami,
je lis ton article passionnant.
Bravo pour ton effort physique et pour tes 100 bornes dépassées.
Par contre, je crois que tu n'as pas vraiment compris l'esprit de ces 24 h du téléthon.
Le but est-il de gagner ?
Le but est-il de ne penser qu'à sa performance ce jour là ?
Perso, ma force pour tenir 36h à l'organisation de ce téléthon (sans compter les mois et les mois précédents), c'était les gamins victimes de maladie et qui ne sont plus parmi nous aujourd'hui.
Et maintenant, je ne vois plus les courses de la même manière ...
Si tu le souhaites, je te raconterais l'intégralité de ce téléthon à Villepreux.

Merci d'être venu, et merci de participer à nouveau au téléthon, avec peut être un regard différent ce jour là.

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2005-11-29 08:18:15 : Des news rapides - 0 photo - 5 réactions

Voilà un mois que je suis privé de connection internet (et même de téléphone !!!), car mon dégroupage total est pour le moins laborieux (Grrrrrr).
Donc pas facile (et même impossible) de tenir un journal de bord sur ma préparation pour Villepreux.

Villepreux, c'est ce week-end, et je serai bien dans les startings-blocs vendredi soir à partir de 19 heures.

L'excitation monte ....

2005-10-23 17:49:33 : Semaine 42 - 0 photo - 13 réactions

Voici le compte rendu d'activité de la semaine :

Mardi: 1h15 en petite endurance (moins de 72% FCM)
Mercredi: 1h46 en endurance

Jeudi: j'avais un peu accentué la durée de la veille pensant ne pas pouvoir courir ce jeudi. Finalement la soirée se libère et je peux effectuer quelques encablures à allure marathon. 1h23 dont 3x12' à 80-85% FCM. Je suis surpris, ça envoie pas mal.

Samedi: 1h30 en petite endurance, dont 2x25' à 75-79% FCM

Dimanche: sortie longue de 3h. Ca devient dur au bout de 2 heures, les cuisses accusent une certaine fatigue musculaire. En plus je suis à cours de boisson énergétique, un bidon n'est pas aussi suffisant pour une si longue durée. Donc la sortie est un peu laborieuse sur la fin, mais bon, ça permet de me familiariser avec la fatigue.

Bilan : 90 km.

La semaine prochaine, nouvelle grosse semaine de préparation, avant une semaine plus tranquille pour récupérer.

2005-10-20 23:24:44 : Rebelotte - 1 photo - 5 réactions

Finalement, ma soirée s'est libérée, et j'ai donc pu envisager un entraînement en soirée.

Oui, mais c'était sans compter les joies des transports en commun de la région parisienne. Aujourd'hui, ils nous ont fait le coup du voyageur malade. Donc on poirotte sur le quai, 10 minutes, un quart d'heure, 20 minutes, une demi-heure, et toujours pas de tacot en vue ! "Bon y en a pour combien de temps encore ? Ils pourraient l'annoncer au moins, parce que j'aurai plus vite fait de rentrer à pied !"

Et finalement, comme j'en ai marre d'attendre et de respirer la fumée des hurluberlus de fumeurs qui m'aggresse mes naseaux et réveille mon ancien rhume, j'opte pour la solution la plus écologique et rentre à patte, en gromelant contre la RATP et la SNCF qui, une fois de plus, m'auront volé une soirée (malheureusement, j'ai bien peur que ce ne soit pas la dernière ...).

20h, j'arrive à la maison. Bon qu'est-ce que je fais ? Soit je reste au chaud et ils auront vraiment pourri ma soirée, soit .. j'y vais quand même, malgré l'horaire un peu tardif. Un morceau de pain et un bout de chocolat plus tard pour ne pas partir l'estomac vide, et me voilà gambadant comme la veille de nuit le long de la Marne.

Sauf que cette fois j'inclue 3x12' à allure marathon pour pimenter la séance, et tout se passe à merveille.

Je réalise que j'ai repris le chemin de l'entraînement il y a tout juste un mois ... que de progrès pendant ce laps de temps ! Très encourageant.

Demain, promis, il n'y aura de sortie nocturne. Au mieux je me contenterai d'étirement (et y en a besoin !!) et de gainage.

2005-10-19 22:54:26 : Sortie nocturne - 0 photo - 6 réactions

Je ne suis pas en avance ce soir. En plus le RER n'y met pas de la bonne volonté. Donc quand je pars m'entraîner vers 19h45, il fait déjà bien nuit.

Cette semaine je suis dans le schéma de 4 entraînements, donc je prolonge la durée de la sortie. Au menu, 1h50 d'allure spécifique, ce sera l'occasion de tester la façon dont le corps réagit après 21h. Intéressant quand on prépare un 24h

La nuit est douce, et je m'étonne de pouvoir toujours courir en short et T-shirt (synthétique tout de même) passé fin octobre.

J'ai emporté un bidon d'eau mais regrette de ne pas avoir ajouté de la poudre de perlimpinpin (attention, ne vous mérenez pas, je pense à de la boisson énergétique ou quelques morceaux de sucre, hein), car au bout d'un quart d'heure j'ai déjà faim. Il y a des chances que je tape dans les graisses au retour ...

Et finalement, tout se passe bien, la FC est correcte, le rythme satisfaisant (ni trop lent, ni trop rapide). Je peux même accélérer un peu pendant 20' sur la fin, sans gêne, sans ressentir de fatigue particulière liée à l'heure, donc tout baigne.

2005-10-16 19:29:32 : Semaine chagrine - 0 photo - 13 réactions

Une semaine où la cap ne fut pas vraiment la première de mes préoccupations...

A la question que l'on pose souvent aux coureurs : "mais pourquoi courez-vous autant ?", je réponds souvent : "parce qu'on aime ça, ... quand on commence, on ne peut plus s'arrêter, ... pour la beauté du sport, ... pour échapper au quotidien, ... pour le dépassement de soi, ... pour se fixer des objectifs, ...".
Tout cela est vrai. Mais il y a une vraie raison que je tais systématiquement, et que je connais au fond de moi : parce que je n'ai rien d'autre en fait, pas de famille à m'occuper. Ca me permet de combler un vide.

Alors quand j'ai rencontré ma petite amie il y a quelque temps, j'avais tout pour enfin être entièrement satisfait. A ce moment là, j'étais blessé, et même si je voulais recouvrer mes moyens, ce n'était pas si important, j'étais heureux par ailleurs. Puis j'ai repris l'entraînement, et même si j'étais loin de mon meilleur niveau, je m'en contrefichais, la cap était devenue secondaire.

Oui, mais voilà, depuis le début de la semaine, il y a quelque chose de distandu entre nous.

Alors La P'luche il s'interroge, se pose plein de question, ne dort que très peu la nuit, n'a plus d'appétit, et évidemment, n'a pas le coeur à aller chausser les runnings. Il a autre chose sur la patate.

Puis il se rappelle avoir lu des témoignages sur le forum, de personnes qui avaient surmonté des difficultés de ce genre grâce à la cap. L'avantage qu'il a, lui, c'est qu'il est déjà coureur. Et puis quitte à broyer du noir chez lui, autant le faire en courant.

Donc il consulte les entraînements qu'il aurait dû effectuer cette semaine, il part pour 1h50 de petite endurance samedi et 2h40 au même rythme dimanche pendant lesquels il réfléchit à la situation.
Au total, 44 km en 2 jours.

La semaine prochaine ils se parleront, il en saura plus sur la suite.

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