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2005-07-01 13:33:14 : Episode VIII, le Marathon du Val de Loire 2001

Début 2001, je prends de bonnes résolutions, car j’ai tiré quelques enseignements de mon marathon de Normandie.
1- la préparation a été beaucoup trop longue, j’étais usé psychologiquement au départ de la course. Deux mois de préparation spécifique suffisent, comme en témoigne ma préparation raccourcie pour le marathon de Paris 2000.
2- je m’entraîne trop à la sensation, à des rythmes que j’imagine être de l’endurance et de la résistance. Pour contrôler davantage mes allures, j’investis dans un cardiofréquencemètre (le Polar S210).
3- je dois mieux structurer mon entraînement. Aussi je déniche sur le net un plan que je compte adopter en guise de préparation.
4- corollaire du premier point, j’étais trop friable psychologiquement, trop sur la défensive, je n’avais pas envie de me dépasser le jour J. Je dois travailler le mental à l’approche de la course.

Mes premières sorties avec cardio sont déroutantes, car si je respecte les rythmes d’endurance préconisés (72-75% de FCM) ... je n’avance plus et me traîne à 6’20 au km. Cela signifie donc que jusqu’ici je m’entraînais beaucoup trop vite ! "Aaaah, c’est donc ça ?!" Oui, mais au bout d’un mois à m’entraîner au rythme de l’escargot, je craque : "on ne peut pas progresser en courant aussi lentement" que je décrête.
Je conserve dorénavant le cardio, plus pour information qu’autre chose, et ne respecte que grossièrement les limitations de fréquence cardiaque.

L’année avance et je me prépare pour mon premier objectif de l’année, le Marathon du Val de Loire à Azay-le-Rideau à l’Ouest de Tours. Je retrouve la Touraine, ce sera mon premier marathon « sur mes terres » ; motivé comme jamais donc, et bien décidé à passer le cap des 3h10.
Au départ, dans le parc du château d’Azay le Rideau, je me sens prêt, physiquement et mentalement, prêt à casser la baraque ;-)

Oui mais une invitée de dernière minute s’est conviée à la fête : la chaleur. Plus de 25° à 9h du matin, puis 30° et bien plus au soleil en fin de matinée.
Je compte sur ma bonne étoile et fais fi des conditions caniculaires (oh le petit impétueux !). Je suis venu pour descendre sous les 3h10, donc ... je pars à cette allure (4'30 au km).
Il fait chaud évidemment, mais tout va bien dans la première partie de la course. Juste une petite contrariété de ne pas trouver de raisins secs aux ravitaillements.
Je me trouve fringuant au ravitaillement de Bréhémont (km 14), puis ensuite sur le long de la Loire jusqu’au semi.

Mais au semi, je passe avec plus de 2 minutes de retard sur le tableau de marche des 3h10 : c’est bizarre, car je me suis pourtant bien employé jusqu’ici. Il va donc falloir un negative split pour atteindre l’objectif. Oui, ben ça promet d’être compliqué.
D’autant plus compliqué que lorsque l’on quitte la Loire pour l’intérieur des terres, la chaleur devient suffocante, plus un brin d’air. Je sens ma température interne augmenter. "Ouille, ça va être dur, vivement que ça finisse".
Le raidillon qui nous conduit au pied du château de Rigny-Ussé (c’est le château qui a servi de modèle à celui de la Belle au Bois Dormant) m’achève. Je décline le verre de vin rouge à la sortie du parc du château et commence mon chemin de croix.

Km 30, "tiens, les concurrents marchent ?" Même pas le temps de réfléchir que je marche également. La suite est une alternance de course, de marche : "allez, cours jusqu’au panneau kilométrique suivant, puis au poteau, au virage suivant". Un peu comme les enfants où on leur fait avaler leur soupe en leur disant « une cuillère pour maman, une cuillère pour papa ».

C’est ma plus grande défaillance de coureur. Elle est physique, psychologique, totale. Les ravitaillements ne sont d’aucun réconfort : les bénévoles font du mieux qu’ils peuvent et disposent à l'avance comme on leur a dit les gobelets sur les tables ... oui, mais en plein soleil. Et de l’eau à 35°, c’est pas bon du tout, oh non, ça cale sur le jabot.

J’espère que mon père n’aura pas l’idée de venir à ma rencontre, car je suis d’une humeur maussade dans ces moments difficiles.
Dernier km, je n’ai même pas envie de courir. 500 derniers mètres, si, quand même, il y a des spectateurs, un peu de dignité tout de même !
Arrivée en 3h35 : je m’attendais à bien pire finalement, j’ai mis à peine 2h pour courir le second semi. Mais je suis vidé et l’après-midi ne sera pas de trop pour récupérer un minimum.

Mais que valais-je ce jour-là ? Dans d’autres conditions, avec une stratégie de course moins désinvolte, aurais-je pu descendre sous les 3h10 ?

Le mystère demeure.

Les réactions

Par Delphine, le 2005-07-03 22:12:18
Alors comme ça le marathon d'Azay le Rideau s'est fait dans les "mêmes" conditions météo que le marathon du Mont Saint Michel cette année:/ Et on ne saura jamais combien tu aurais fait dans d'autres conditions....
Tiens je vois que tu es aussi un fan de raisins secs aux ravitos ;-))
En tous cas, tu as malgré tout fait un bon temps que beaucoup aimeraient atteindre :o)))

Par La Pluche, le 2005-07-04 20:07:38
J'étais accroc aux raisins secs à l'époque, plus maintenant.
Car les raisins secs n'ont pas le temps de se digérer pendant la course et restent à balloter dans l'estomac ensuite. En plus ils sont une cause de désagréments intestinaux, donc mieux vaut s'en passer.

Maintenant, sur marathon, je me contente de 2 morceaux de sucre accompagnés d'un verre d'eau au ravitaillement. L'avantage est qu'il y en a toujours, quel que soit le marathon, et en plus, c'est très efficace et bien plus économique qu'un gel ou autre boisson énergétique.

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Les 5 billets précédents

2005-06-30 19:52:06 : De retour - 0 photo - 4 réactions

Ca y est, j'ai récupéré ma connection, et vais donc pouvoir recommencer à intervenir sur le forum et compléter mon blog.
J'espère que vos différentes courses se sont bien passées, j'ai (un peu, beaucoup ?) de retard à combler dans la lecture des posts et des blogs.

A+

2005-06-10 00:15:33 : Petit intermède - 0 photo - 6 réactions

Il y a de fortes chances que je n'ajoute pas de billet à mon blog ces prochains jours, ni n'intervienne sur le forum d'ailleurs.

Non ce n'est pas pour aller me défouler à Roche La Molière comme cela était prévu initialement. Il ne s'agit pas d'un boycott non plus.
Je suis simplement en plein déménagement et en attendant que ma ligne adsl soit transférée, je serai privé de net (snif).

A bientôt pour de prochaines aventures, pour les prochains épisodes, et en espérant que d'ici là ... je sois redevenu coureur.

Bonne chance à toutes et à tous pour Saint Germain en Laye, la Transbaie, le Mont Saint Michel, ... (à compléter à votre guise).

2005-06-07 22:11:51 : Episode VII, passage par la Normandie - 1 photo - 3 réactions

Ce marathon de Paris m’a rasséréné sur mon potentiel sur marathon : je dois pouvoir descendre sous les 3h10.
Pour mettre toutes les chances de mon côté, il me faut un marathon à taille plus humaine que celui de Paris, où l’on ne perd pas trop d’influx nerveux à patienter au départ, puis à slalomer ensuite. Et puis ce sera intéressant de découvrir d’autres régions, de nouveaux parcours.

De plus, je veux le préparer de façon intensive ce futur marathon, pour établir un temps de référence.
Je jette mon dévolu sur le marathon de Normandie début octobre et commence à le préparer ... dès le début de juin. Concernant cette préparation, je n’innove pas vraiment : beaucoup d’endurance et un peu (une fois par semaine) de course à allure plus soutenue en guise de résistance. Au final je me présente sur la ligne de départ avec pas loin de 1500 km dans les jambes.

Le semi marathon du Perray en Yvelines trois semaines avant le marathon a induit le doute dans mon esprit. Un manque flagrant de combativité et un niveau bien moindre que ce que j’escomptais. Au moins, je ne serai pas excessivement confiant au départ.

La première partie de la course depuis Honfleur est agréable. J’utilise les premiers km pour me mettre dans le bain et mets vraiment en route la machine à compter du 10ème pour rattraper une partie du retard. Je suis à l’aise dans la montée du pont de Normandie et m’emploie ensuite dans la longue, très longue (trop longue ?) ligne droite de 6-7 km, vent de face.
Au semi, je perçois les premières courbatures dans les cuisses. "Humm, c’est un peu tôt". Au km 25, je suis quasiment revenu sur le tableau de marche de 4’30 au km, mais je suis moins serein dans la traversée des chantiers maritimes : je sais que j’ai déjà bien puisé dans mes réserves.
Au km 30, j’ai un peu de retard sur les 3h10, puis me sens faiblir peu à peu. Bientôt je me retrouve isolé dans les rues du Havre. Il reste 5-6 km à parcourir, et plus personne devant, plus personne derrière, sur les côtés non plus, et pas de public pour les encouragements. Il n’y a rien pour me pousser, alors je marche un peu, puis recours, puis remarche, puis rerecours, ...
Même sur le front de mer à l’entame du dernier km j’éprouve le besoin de marcher un peu. Un dernier sursaut, et je passe la ligne en coureur.

3h19’17 : cela eût pu être mieux, mais cela eût pu être pire aussi. Je ne valais pas mieux ce jour-là, et j’ai globalement bien exploité mon potentiel. Pas d’heureuse surprise donc, juste le sentiment du devoir accompli, ni plus, ni moins.

Je ferai mieux la prochaine fois, mais faudra absolument revoir la préparation.

2005-06-05 12:27:50 : Ca ne veut pas tiendre - 0 photo - 11 réactions

Je refais une petite tentative ce matin, pour voir si ma douleur en haut de la cuisse a disparu à l'effort. Car dans la vie quotidienne, je ne ressens plus de gêne, sauf dans les positions "acrobatiques" genre jambe en forte extension. La guérison s'amorce (yesss !), ceci a été confirmé sur l'échographie que j'ai passée cette semaine.

Je n'ai guère d'illusion quant à l'issue du verdict de la sortie, mais j'y vais tout de même, car j'ai remarqué que ma petite demie heure de course lente la semaine dernière avait eu un effet bénéfique sur l'évolution de la blessure, en accélérant la fin des douleurs.

Donc même programme que dimanche dernier, du lent, du très lent même et aux premiers signes un peu louches, on rentre au bercail sans insister.

Dans ces conditions, je suis encore plus à l'écoute de mon corps qu'à l'accoutumée. Je ne prête guère attention à ce qui m'entoure, tout mon esprit est rivé vers le haut de la cuisse.
Tout va bien dans le 1er quart d'heure, puis la gêne commence à refaire surface. Clignotant à gauche, et je rentre tout doux comme prévu.

Bilan de la sortie thérapeutique : 4 petits km en 25'30 de course, FC moy 126.

J'y arriverai un jour, j'y arriverai ...

2005-06-03 22:06:53 : Episode VI, marathon de Paris 2000 - 3 photos - 0 réaction

(suite de l'épisode précédent)

Ce marathon de Paris de l’an 2000, il commence et se joue en partie dans la nuit précédente, puisqu’un début de gastro me tord les boyaux. Deux comprimés d’imodium me laissent penser que le mal est réglé (je suis naïf parfois !).

9h00 : le coup de canon est donné et les fauves sont lâchés. Premier problème, essayer de se faufiler parmi les concurrents pour bien se positionner en vue du virage de la Concorde et éviter de se trouver enfermé dans la cohorte des concurrents (et être forcé de ralentir l’allure, voir même de marcher).
On arrive rue de Rivoli. Etant donné le nombre de participants (supérieur à celui de l’année dernière) ,il est quasiment impossible de doubler. Car si l’an dernier j’étais venu pour découvrir, cette année je viens pour le chrono. Au 5ème km, j’ai déjà 1’30 de retard sur mon tableau de marche, mais ce n’est pas encore dramatique.

Nation (7-8ème km), déjà le tournant de la course (et oui, déjà). La gastro commence à se rappeler à son bon souvenir et me tortille sérieusement les intestins. Arrêt forcé dans des buissons.

Entrée du bois de Vincennes (km 12) : rebelotte, nouvelles douleurs gastriques et nouvel arrêt forcé. Pour la première fois en près de 50 courses officielles, j’envisage même l’abandon. Mais bon, je serre les dents, me dis que je suis un warrior et repars. Au total, pas moins de 5 arrêts de ce type seront nécessaires dans le Bois de Vincennes jusqu’au 18ème km.
Evidemment, il n’est plus trop question de descendre sous les 3h10 puisqu’à ce moment de la course j’accuse près de 6 minutes de retard sur les temps de passage prévus. Je ne pense alors plus qu’à essayer de rallier l’arrivée, si possible en faisant mieux que l’an dernier.

Et puis l’imodium matinal commence à produire son effet et je suis moins gêné par la suite. Oufffffff !

Passage au semi en 1h40’10 à mon chrono. C’est un tout petit peu mieux que l’an dernier, mais c’est quand même plus de 5’20 de plus que prévu. Je ne pense déjà plus aux 3h10.

Je continue néanmoins sur des bases de 4’30 au kilomètre et gère mon rythme jusqu’au 27ème et l’entrée dans le tunnel des Tuileries, c’est à dire là où débute véritablement le marathon. Dans la chaleur et l’obscurité de ce tunnel, on commence à rencontrer les premières grosses défaillances, surtout qu’il n’y a pas de spectateur à cet endroit.

Survient ensuite l’enfilade casse-pattes de tunnels qui avec leur montée et leur descente m’avaient fait très mal l’an denier. Je les gère un peu mieux me semble-t-il : l’expérience parlerait-elle déjà ?

La Tour Eiffel, 30ème. Nous sommes dans ce qu’on appelle le mur du marathon, c’est à dire là où tout se joue : ceux qui ont présumé de leur force s’effondrent, les autres font un bilan de leur potentiel, serrent les dents et s’accrochent pour les 12 derniers km.
Ceci est d’autant plus vrai que dès que l’on quitte les quais de Seine pour rejoindre Rolland Garos et le Bois de Boulogne, on se trouve pour quelques hectomètres dans un faux-plat montant qui, s’il n’a vraiment rien d’extraordinaire à première vue, se ressent dans les jambes après 2h15 – 2h30 de course.

Ravitaillement du 35ème : je frôle l’accident. Alors que je me déshydrate en courant, je marche sur une bouteille laissée par un concurrent et me tors violemment la cheville. Après quelques secondes de récupération, un zest d’eau magique sur la cheville endolorie, je repars temps que les chairs sont encore chaudes, sinon il aurait été impossible de terminer. Les 200 mètres qui suivent sont plutôt pénibles. Puis je me reconcentre sur ma course et oublie la cheville.

Km 36-37-38-39-40 : je croise de nombreux concurrents complètement HS. Certains sont même couchés sur le bord de la route et essaient de récupérer, d’autres s’étirent comme ils peuvent le long des arbres. Le marathon est un des sports les plus exigeants, les plus durs et justifie pleinement sa réputation dans ces derniers kilomètres du Bois de Boulogne. Moi même suis un peu dans le colletar, mais mes compagnons de fortune sont dans le même état. Et psychologiquement un truc m’aide : je me répète comme un leitmotiv dans ma tête une phrase que j’ai lu la veille dans le dépliant du marathon : "on est fier de vous". Pourquoi cette phrase ? Je n’en sais strictement rien. Mais je me la ressasse encore et encore et le mental tient !

Km 40.5 : flamme rouge à l’horizon. Ca ne redonne pas un nouveau souffle, ni ne fait du bien au moral, car de ce côté j’ai tout donné. J’ai simplement envie d’en terminer au plus vite. C’est pourquoi j’essaie d’accélérer, mais les jambes ont du mal à répondre.

Km 41.5 : la foule devient de plus en plus dense et nous fait une allée d’honneur. Pu ...n, qu’est-ce que ça fait du bien de se savoir soutenu !

Km 41.9 : avenue Foch, dernière ligne droite. Ca y est, c’est la fin. Je ne sais pas où je vais trouver mes forces, mais je sprinte tout de même (pas du 20km/h, mais du 15 tout de même).

Km 42.195 : je suis arrivé, je suis HS à mon tour. La pub disait "just do it", je peux répondre "I did it". Mon chrono indique 3h14’30. Dommage, car sans les 5-6 minutes perdues dans le bois de Vincennes, j’aurais peut-être atteint mon objectif. Cela aurait été dur, mais faisable. J’avais les 3h10 dans les jambes, mais j’ai été trahi par mes boyaux. Mais bon, avec des si ...
Temps pis, ce sera pour une prochaine fois.

Car c’est sûr, il y aura une prochaine fois.

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