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2005-05-27 22:22:07 : Mon apprentissage (épisode III)

(suite de l'épisode précédent)

Septembre 1998. Cet été, nous avons tous beaucoup chanté, mais si, rappelez-vous : la, la la, la laaa, la la lalalalaaa lala lalaa, ... , on est les champions, on est les champions, ... ; été studieux tout de même entre soutenances et rapports de stage, peu propice à la pratique assidue de la course à pied.
En cette rentrée, je retrouve ma Touraine natale, j'ai fini mes études (bye bye les révisions, tchao les partiels !) ... c'est le temps du service national, enfin, en version "tranquille" puisque j'officie en temps que scientifique du contingent. Maintenant j'ai beaucoup plus de temps libre pour m'entraîner régulièrement.

A raison de 4 entraînements hebdomadaires, ce sont mes vrais début de coureur. Je participe à quelques courses (20 km de Tours, corrida de Chinon, ...), donne un coup de main à la saisie informatique de la course du Gros Buisson organisée par le club de mon père (allez, tiens, un petit coup de pub http://grosbuisson.site.voila.fr/index.html ), et même si mon hygiène de vie est loin d'être irréprochable si vous voyez ce que je veux dire (ho, je suis bidasse après tout !), mes chronos s'améliorent. Petit à petit, je me rapproche des 40 minutes sur 10 km. Mieux, à force de courir lentement, mes problèmes de point de côté se raréfient. C'est y pas beau ?

Ces progrès m'encouragent pour mon grand projet de coureur à venir au printemps suivant : le Marathon de Paris.
Quelques personnes tentent de me dissuader dans cette entreprise, des coureurs ("Un marathon à à peine 23 ans, c'est trop jeune"), mes "compagnons d'armes" ("La P'luche, t'as pété un cable"). Ma mère ne dit trop rien, mais je sens que ce projet l'inquiète un peu (et encore, ce n'est rien comparé à aujourd'hui ...).

Ce marathon, je l'aborde comme une aventure, un superbe défi à relever. La seule qui compte, c'est de terminer. Devant la longueur de l'épreuve, je privilégie les longues séances d'1h30-1h45 en endurance à l'entraînement, dès la fin des fêtes de fin d'année. Comme la préparation se déroule à merveille, je révise mon objectif à la hausse. 3h30 me parait jouable, après tout 5' au km est devenu un rythme confortable (et dire que j'étais incapable de tenir cette allure sur 10 pauvres km il y a quelques années !!). Le semi de prépartion 3 semaines avant l'échéance est encourageant, mais il est temps que la course arrive, car je commence à m'user psychologiquement, je m'ennuie de ces sorties longues d'1h30 à 12km/h.

Demain, je vous raconterai mes premiers pas sur marathon, à suivre ...

Les réactions

Par serge, le 2005-05-27 23:11:54
quand tu mets un lien, il faut ajouter un espace avant la ) sinon cela ne marche pas.

Par La Pluche, le 2005-05-27 23:16:32
Ca y est, c'est corrigé. Le lien devrait mieux fonctionner maintenant.

Par Delphine, le 2005-05-28 09:02:48
Super laPluche! Je vois que ta maman ne dit rien mais pense très fort: "Mais qu'est ce que j'ai fait pour lui faire faire des choses pareilles!"
Bon t'as pas dit combien t'avais mis pour ton semi de préparation??
EN attendant je note pour le 2 octobre en Indre et Loire, y'a une course à faire ;-))

Par La Pluche, le 2005-05-28 09:44:36
Parfois j'en viens à ne lui révéler qu'au dernier moment mes projets pour éviter qu'elle gamberge trop. En plus il n'y a vraiment de tradition sportive dans la famille, si ce n'est la pétanque l'été après un bon repas. Je suis un peu l'illuminé de service ;-).

Pour le semi de préparation (feu le semi-marathon de Saint Genouph), un peu plus de 1h33, ce qui constituait mon record à l'époque.

Par Bill_Boquet, le 2005-05-28 09:54:11
Chouette, comme j'ai pris du retard, 2 épisodes aujourd'hui. Je me précipite vers le suivant. Merci pour ta prose, Bill.

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2005-05-25 20:44:51 : Mon apprentissage (épisode II) - 1 photo - 4 réactions

(suite de l'épisode précédent)

Maintenant que j'ai découvert qu'il était néfaste de courir toujours à bloc à l'entraînement, qu'il y avait quelques "règles" à suivre pour espérer progresser, vais-je les respecter consciencieusement ? Ben, euh, c'est à dire que, oui, et non en fait. Oui, car je ne tente plus de battre mon record à chaque sortie, non pour ce qui est du reste, varier les allures, faire preuve de sagesse. Ce doit être l'insouciance de la jeunesse ;-)
1ère erreur : je cours quasiment toujours au même rythme, certes moins vite qu'avant mais certainement trop vite encore.
2ème erreur : je multiplie les courses. Une dizaine dans le dernier trimestre de l'année 1995, ce qui est bien trop quand on ne s'entraîne au maximum que 2 fois par semaine. C'est que j'ai intégré mon école à Toulouse, et nous sommes un petit groupe à représenter les couleurs de l'école aux courses locales. L'effet de groupe est très (trop ?) entraînant.

Je descends en bataillant une première fois sous les 50' sur 10 km, mais cette barrière reste toujours un petit challenge d'autant que les points de côté me laissent rarement tranquille en course. C'est à cette époque que je développe ma "tactique" que j'utilise encore aujourd'hui : me positionner au départ dans la deuxième partie du peloton, de façon à ne pas partir en surrégime, à accélérer progressivement ensuite. En plus cette méthode est grisante, car on double pas mal de concurrents sur la fin de parcours. Comme le disait joliment Miz93 dans un récent post ( http://www.courseapied.net/forum/msg/14668.htm ), je cite : "d'un point de vue psychologique, il est plus facile de faire des perfs en partant un peu plus lentement car quand on part rapidement, on va se créer un surmoi culpabilisant qui va nous dire tu dois être meilleur et cette lutte avec soi est épuisante, tandis qu'en courant plus lentement à un moment on se sent bien et on se sent pousser des ailes, la volonté de faire bien n'est plus culpabilisante mais plus coachante". C'est vrai que le mental a une ENORME influence sur les performances.

A l'occasion d'un test d'endurance de 20 minutes en cours de sport, je prends conscience de mon potentiel. Pendant ces 20 minutes, je parcours 5 km tout rond. C'est sûr, je vaux bien mieux que mes temps actuels sur 10 km et ce n'est pas la barre des 50 minutes qui doit me préoccuper, mais plutôt celle des 40. A partir de ce jour, une barrière psychologique est tombée, et comme par enchantement, mes chronos s'améliorent pour se situer aux alentours des 43 minutes. Quand le mental innhibe le physique ....

Je deviens plus raisonnable en espaçant les courses, mais ne suis pas de programme particulier. Je cours suivant le temps dont je dispose, c'est à dire de façon décousue avec des semaines avec 3-4 entraînements, puis rien pendant 3 semaines. Je commence à allonger la sortie dominicale et me surprends à tenir des séances de 20 km.
Logiquement, je tente alors ma chance sur semi-marathon, à l'occasion de celui de Toulouse en septembre 1997. Départ très prudent, conformément à mon habitude, d'autant que je découvre la discipline. A la fin du premier tour, le peloton se clairsème : les concurrents du 10 km en terminent et nous abandonnent. Les avenues de la ville rose paraissent plus larges et je découvre une nouvelle ambiance. Les concurrents sont moins rivés sur leur chrono, sont moins obnubilés par la perte de perdre de précieuses secondes, puisque nous avons plus de temps à notre disposition et quelques secondes perdues à un moment peuvent se rattraper ensuite. L'ambiance change, les coureurs se parlent entre eux, s'encouragent; je suis conquis. De plus comme j'ai bien négocié la première boucle, je peux me permettre d'accélérer à partir du 15ème.

Une première expérience du semi, certes modeste en 1h50, mais à partir de ce moment, une idée va commencer à germer dans mon esprit : puisque je peux courir un semi ... pourquoi pas tenter l'aventure du marathon ? Je retiens l'idée dans un coin de ma tête, je sens que j'en suis capable. Dans mon esprit, c'est clair : je participerai un jour à cette course magique qu'est le marathon. Enfin dès que j'aurai le temps pour me préparer physiquement.

2005-05-24 21:14:49 : Mon apprentissage (épisode I) - 0 photo - 2 réactions

Comme je suis réduit au repos en ce moment, j'ai vais vous raconter mon histoire de coureur à pied.

Ma première course remonte à septembre 1992. Auparavant, je ne pratiquais aucun sport, je me contentais simplement de le suivre à la télé (comme beaucoup de personne). Mais j'avais tout de même l'esprit sportif, j'aimais déjà l'effort, le dépassement de soi, l'idée d'aller puiser au fin fond de soi des ressources insoupçonnées.

En ce début septembre 92, assis dans le gymnase du lycée, on nous annonce la programme d'athlétisme pour le bac. La partie endurance consiste à courir en continu 4 km en 20 minutes. Rien d'insurmontable donc. "Et si on faisait les 10 km de Tours dans 3 semaines ? " lance un camarade. "Tiens oui, c'est une idée ça". 3 semaines et 3 sorties d'entraînement plus tard (si on peut appeler ça de l'entraînement, il s'agit plutôt d'une découverte de l'effort de longue durée), je cours (enfin les 5 premiers kilomètres, les suivants seront une alternance de course et de marche) mon premier 10 km et termine laborieusement et tout content en 55'50". Je serai ensuite fier d'arborer mon T-shirt "10 km de Tours" lors des séances d'endurance pour le bac au lycée.

Cependant, je ne me lance pas complètement dans la pratique de la course à pied, je préfère préparer sérieusement mon bac. Mais le virus a contaminé mon père , qui lui se met à la pratique à raison de 2-3 sorties par semaine. S'il n'avait pas pris le relais, je n'aurais ensuite peut être pas repris à l'occasion des vacances scolaires. D'autant que les années suivantes, les classes de math sup et math spé P' ne me laissent aucun temps libre pour faire quoi que ce soit.

Ma pratique se concentre donc sur les 2 mois d'été où je participe à quelques petites courses (7-10 km), mais à chaque fois, ce n'est que désillusion, contre-performance, points de côté, la faute à une accumulation d'erreur.

Déjà, 2 mois l'été ne suffisent évidemment pas pour accéder à un niveau satisfant. Et un niveau satisfant à cette époque serait pour moi de descendre sous les 50 minutes sur 10 km. Ensuite, et c'est un corollaire du point précédent, comme je me considère plus beau que je le suis réellement, je pars beaucoup trop vite en course et collectionne les points de côté dont je ressens encore la douleur 2 jours après l'effort. A tel point que je me demande si je suis fait pour la course à pied et si je n'ai pas un problème dans mes entrailles. Par exemple ces douleurs abdominales à répétition ne seraient-elles par la conséquence du bouton en ferraille de ma veste en jean que j'avais avalé quelques années auparavant ? Mais comment font donc les marathoniens pour tenir aussi longtemps ? Et les centbornards ? Un 10 km, la course que j'ai tant de mal à terminer convenablement, ne représente pour eux ... qu'un seul km de mes courses actuelles !!!

Et puis, à la fin de l'été 1995, je découvre dans une librairie le magazine "Mieux courir" qui est une compilation des dossiers de Jogging International. D'une part je ne savais même pas qu'il existait un magazine de course à pied, mais en plus, c'est LA révélation : je n'ai rien, mais vraiment rien compris à la course à pied, et je m'entraîne comme un bourrin depuis le début. Mon entraînement jusqu'ici, c'était à fond les ballons, chaque sortie était l'occasion de battre mon record. J'avais tout faux. Je comprends alors que pour aller vite, il faut courir lentement à l'entraînement, le structurer, respecter des zones de fréquences cardiaques. Et bien, si la course à pied semble bien simple à pratiquer, force est de constater que la préparation et l'entraînement sont beaucoup plus techniques que je le pensais jusqu'ici. Cette découverte me redonne l'espoir.

(à suivre ...)

2005-05-22 11:27:06 : L'état du bonhomme - 1 photo - 7 réactions

Ben, c'est pas terrible, il faut le reconnaître.

Dans mon programme d'entraînement, j'avais prévu aujourd'hui ma dernière sortie longue (3h-3h15) avant Roche La Molière. Au lieu de cela, rien, nada, pas le moindre kilomètre au compteur cette semaine et à peine 25 depuis l'Ascension.
D'autant que lorsque je vois la météo clémente, que je lis les compte-rendus de sortie de mes petits camarades, je piaffe d'impatience de rechausser mes runnings et d'enfiler ma tenue de coureur.

La faute à une douleur à la jambe droite, à la jonction du fémur et de la hanche, contractée lors des 6 heures du Petit Ney début mai. La blessure semblait anodine dans les jours qui ont suivi, mais dimanche dernier j'ai bien dû me rendre à l'évidence : après une heure d'effort, la douleur s'accentue, s'aiguise, et se propage à tout le quadriceps. Donc stop ! Mieux vaut arrêter maintenant que d'aggraver les choses.
Ce qui me contrarie surtout est que mon premier 24 heures planifié pour mi-juin est fortement compromis. Même si ça va mieux (j'arrive à nouveau à monter les escaliers 2 par 2 sans gêne), il semble bien hasardeux de s'aventurer sur une telle épreuve sans être en pleine possession de ses moyens. Le coeur me dit d'y aller, mais la raison me rappelle à l'ordre.

D'un autre côté, je pourrais profiter de ce repos forcé pour renforcer mes abdominaux qui ont montré quelques signes de faiblesse au Petit Ney, mais plutôt que m'adonner au gainage, je préfère me goinfrer de chocolat, de figues et de dattes ! Pfff ... C'est aussi une façon de renforcer le bas ventre ;-).

Patience, patience donc, je ronge mon frein, je ronge.

2005-05-21 19:33:17 : Ca y est, j'ai aussi mon blog ! - 1 photo - 7 réactions

Et oui, j'ai à mon tour décidé de franchir le pas du blog.

Pourquoi maintenant ?
J'avais envisagé il y a un temps de créer un site web perso, notamment pour présenter les courses auxquelles j'ai participé, mais par manque de temps (et de courage aussi, avouons-le franchement), j'ai sans cesse différé cette entreprise. Au moins avec le blog, je me dispense de toute la maintenance informatique.

Je débute donc mon "journal intime" de coureur à pied. J'y exposerai mes envies, mes rêves, mes doutes, mes CR, bref, ce sera le reflet de ma pratique de la course à pied.

L'aventure du blog commence. A bientôt.

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